Escossor, la compagnie!

La taverne de l'Escossor, lieu d'échange et de rencontre.
 
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 petite histoire !!

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latrac
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MessageSujet: petite histoire !!   Lun 23 Juil - 7:57

LES TROIS CONSEILS

Il était une fois un roi très juste et sage. Un jour, alors qu'il était assis à sa table, quelqu'un frappa à la porte. Le portier demanda au visiteur qui il était. Et ce dernier lui répondit : «Je suis marchand et je vends tout ce dont le roi pourrait avoir besoin.» En entendant cela, le portier le laissa pénétrer dans le palais. Le marchand s'approcha donc du souverain et s'inclina respectueusement devant lui.

Le roi lui demanda : « Que proposes-tu de me vendre? »
Et le marchand répondit : « Trois bons conseils, Seigneur »
Le roi répliqua : « Combien coûtent-ils ? »
Le marchand affirma : « Chacun d'entre eux vaut cent écus. »
Mais le prudent souverain voulut en savoir davantage : « Et que se passera-t-il si tes conseils ne servent à rien? J'aurai jeté l'argent par mes fenêtres! »
Mais le marchand tenait sa réponse toute prête : « Seigneur, je demeure dans ton royaume. Si mes conseils ne te conviennent pas, tu pourras toujours me les rendre, et moi, je te restituerai ton argent. »

Le roi fut satisfait de cette réponse et dit : « Ton discours est pertinent. Il ne te reste donc plus qu'à me faire part des conseils que tu veux me vendre. »
Le marchand se mit donc à parler : « Voici mon premier conseil : Ce que tu fais, fais-le bien et jusqu'au bout. Le second dit ceci : Si tu aimes la vie, ne sors pas de tes chemins habituels pour emprunter des sentiers qui te semblent plus avantageux. Le troisième conseil est le suivant : Ne passe jamais la nuit sous un toit où sont réunis un vieux paysan et une jeune femme. Souviens-toi bien de ces trois choses et tout se passera bien pour toi. »

Là-dessus, le roi paya chaque conseil cent écus, sans discuter. Le premier, qui disait de bien faire ce que l'on avait à faire et de le faire jusqu'au bout, il le fit afficher sur tous les murs du palais et broder sur toutes les nappes et les serviettes tant en latin qu'en langue populaire. Nous le savons déjà, ce roi était rigoureusement juste. C'est pourquoi, certains de ses sujets malveillants, comme il en existe dans tous les royaumes, se mirent à comploter sa perte. Ils s'en furent trouver son barbier et lui proposèrent beaucoup d'or pour qu'il lui coupe la gorge la prochaine fois qu'il le raserait. Le barbier hésita, mais finit par prendre la somme en promettant d'accomplir le forfait.

Quand le roi désira se faire raser, il fit venir son barbier. Celui-ci lui enduisit le menton de savon et saisit son rasoir. Mais il suspendit son geste car son regard tomba sur une serviette où il était brodé : « Ce que tu fais, fais-le avec sagesse en songeant aux conséquences. » Or, ce barbier était malin. II se dit : « Si je le tue, c'en est fait de moi. Je me condamne à mort. Je ferais mieux d'éviter cela. » Et, de peur, le rasoir lui tomba des mains. Le roi s'en aperçut et demanda : « Que t'arrive-t-il aujourd'hui ? » Le barbier se ressaisit et supplia : « Seigneur, aie pitié de moi ! » Et il lui raconta tout du début à la fin. Le roi, magnanime l'écouta avec attention et déclara : « Sois loyal désormais; pour cette fois, je te pardonne. »

Il se rendit compte en disant cela que le premier conseil lui avait sauvé la vie. A la suite de quoi, beaucoup de ses conseillers finirent sur le gibet. Peu de temps après, de nouveaux ennemis se liguèrent contre le roi. Ils s’accordèrent sur le fait que seule la mort du roi leur apporterait pouvoirs et richesses. Ils décidèrent : « Dans trois jours, le roi visite notre ville. Cachons-nous dans la forêt qu'il doit traverser pour s'y rendre, et assassinons-le. »

Au jour fixé, le roi se mit en route vers la cité de nos assassins. Il emprunta la large route habituelle qui traversait la forêt. Certains de ses serviteurs lui dirent : « Seigneur, il serait plus court d'emprunter ce raccourci. » Mais le roi songea : « Dans le second conseil, il m'a été dit de ne pas m'écarter de mon chemin hahituel pour emprunter des sentiers qui me sembleraient plus avantageux. » A haute voix, il déclara alors : « J'irai par où je passe habituellement. Mais si certains d'entre vous le veulent, ils peuvent emprunter ce raccourci, afin d'arriver avant nous et de tout préparer pour notre venue. » Ceux qui le firent furent massacrés par les ennemis du roi qui le guettaient, ainsi que toute son escorte. Lorsque le roi l'apprit, il se dit : « Ainsi, le second conseil m'a aussi sauvé la vie. »

Cependant, ses ennemis n'avaient pas renoncé à l'assassiner. Lorsqu’ils se réunirent à nouveau, l'un d'entre eux proposa : « En ville, le souverain séjournera dans une maison où s'arrêtent habituellement les nobles. Mettons-nous d'accord avec le propriétaire, afin qu'il le loge dans la chambre de sa propre femme. Quand il y sera endormi, nous l'y tuerons, ainsi que les chevaliers de sa suite. »
Ainsi en décidèrent-ils et ainsi firent-ils. Ils pactisèrent avec l'aubergiste et sa femme, afin de pouvoir tuer le roi dans son sommeil. Bien sûr, les assassins leur promirent en échange beaucoup d'or et de gemmes.

Quand le roi arriva à la ville et qu'il se fut installé dans l'auberge, il fit appeler l'aubergiste. Celui-ci se présenta, et le roi remarqua qu'il était très vieux. Il lui demanda : « Pourquoi m'accueilles-tu seul ? N'as-tu pas une femme ? » Il répondit : « Certes, Sire, j'en ai une. » Le roi insista : « Alors, montre-la-moi. »
Quand la femme fut là, le roi remarqua qu'elle semblait très jeune, sa peau fraîche et sa démarche souple lui donnaient les allures d’une enfant. Le souverain ne dit rien. Mais le soir, il commanda à son serviteur : « Va me préparer un lit ailleurs. Je ne dormirai point ici. » Puis il quitta discrètement l'auberge pour s'en aller dormir autre part. Cependant, ses sept chevaliers étaient restés à l’auberge de si lugubre foi. Ni le tenancier, ni son épouse ne se doutèrent du départ précipité du roi. Ils étaient sûrs qu'il dormait chez eux avec ses gardes.

Vers minuit, les ennemis du roi pénétrèrent dans l'auberge et massacrèrent les sept chevaliers. Au matin, quand le roi fit appeler ses chevaliers et qu'ils ne se présentèrent pas devant lui, il se rendit lui-même à l'auberge et ordonna qu'on les fît chercher...
Le vieillard lui répondit : « Majesté, tes chevaliers se sont levés de bonne heure pour aller à ta rencontre. » Mais il ne pouvait cacher son effroi en découvrant le roi vivant. Celui-ci fit fouiller l'auberge et l'on trouva les chevaliers assassinés. Le monarque fut très affligé et se dit : « Le troisième conseil m'a encore sauvé la vie. Béni soit le jour où je les ai achetés tous les trois ! »
Il ne perdit plus de temps. Il fit pendre l'aubergiste, sa femme et tous les membres du complot. Et comme il se conduisit selon ces sages conseils tout le restant de sa vie, il vécut dans la paix jusqu'à sa mort.
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